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Le labyrinthe de ma psyché

Par Marie Gagné

Prélude

Poupée de chiffon

Poupée de chiffon toute rapiécée

Observe le sablier du temps se vider lentement

Peurs et angoisses cristallisent sa vie

Vacillant entre les regrets de son passé et la crainte de son devenir

D’un geste d’impuissance, elle se referme doucement

Dans les replis de ses songes oubliés

 

Poupée de chiffon en suspension

Cherche l’équilibre entre deux univers

Entrecroisés d’ambivalence et d’incertitude

Encore une fois, elle apprivoise le grand trou vide de son existence

 

Poupée de chiffon reprend courage

Et quitte le grenier de ses souffrances

Elle avance, d’un pas incertain

Vers de nouveaux horizons

Pour libérer un trop plein d’émotions

 

En quête de changement

Elle recentre son cycle de vie

Dans le socle de l’instant présent

Et y ancre ses racines solidement

 

Poupée de chiffon toute rapiécée

S’incline devant la femme renouvelée

Qui respire la vie avec plus d’énergie

 

Une femme consciente que rien n’est acquis

Dans ce monde en mouvance constante

Et à nouveau, elle entretient chaque jour

Son jardin des possibilités avec force et patience

L’ensemençant d’espoir, de rêves et d’amitié

Vieille dame, croquis sur napkin, Marie Gagné

Mes Forces et mes possibilités

Vivre avec un trouble de personnalité limite n’est certainement pas de tout repos. Je vis avec cette personnalité, quelque peu perturbante, depuis l’adolescence. Une personnalité qui provoque un combat intérieur à tous les instants. Le voyage est bourré d’embûches, de ponts à traverser, de forêts marécageuses figeant mon esprit fragilisé dans les dédales de mon labyrinthe interne. Je cherche à comprendre les rouages de la vie extérieure pour adapter mon désordre émotionnel à cette autre réalité.

Nous avons tous des périodes de joie et d’épreuves dans nos existences respectives.  Pour chacun d’entre nous, la résilience prend forme de façon différente, selon notre bagage de vie, de notre culture, de notre environnement immédiat et social. Il y a aussi notre personnalité qui entre en ligne de compte. Je viens d’une famille de neuf enfants et, pourtant, chacun agit différemment dans sa vie propre. Cela, même si dans notre base culturelle et éducationnelle, nous avons des similitudes.

Pour ma part, j’avoue faire partie de ces gens qui ont plus de facilité à percevoir ce qui ne va pas bien dans leur existence. Pour renverser la vapeur et voir le meilleur, ou ce qui va bien dans la mienne, un effort constant de ma part est essentiel. Même après des années de croissance personnelle, de périodes de thérapie, de consommation de drogues et d’alcool et être sortie de la rue, il y a une partie de moi qui m’attire vers le bas, vers des états dépressifs. Mon plus grand combat se livre en moi, quotidiennement.

Le labyrinthe de ma psyché, acrylique, 24″ x 36″x 2″, Marie Gagné

Comme le saumon qui doit nager à contre-courant de la rivière pour se reproduire, je dois combattre ce point de chute, en choisissant l’effort d’un changement d’attitude devant les situations angoissantes de ma vie. Je puise cette force dans ma sphère spirituelle. Cette sphère de ma vie est ce qui me permet de me sentir moins seule et, par le fait même, m’invite à revenir vers l’essentiel, vers plus de simplicité pour redonner un sens à ma destinée.

La vie est un long processus à multiples chemins et, quel que soit celui que je prends, j’avance et me construis. Ce qui importe pour moi consiste à prendre du recul après chaque traversée et voir l’héritage reçu, pour poursuivre ma route au meilleur de mes connaissances.

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