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Droits de l’homme, photographie, 2018, Sharon McCutcheon

I have a dream

D’aussi loin que je me souvienne, les injustices m’ont toujours troublée et parues incongrues, que ce soient celles envers les animaux, la nature ou les humains.

Ainsi, je me souviens de l’horreur que je ressentis lorsque je découvris que mon voisin noyait, dans le lac devant chez moi, les portées de chatons de ses chattes. Je me souviens de la profonde tristesse qui m’accabla lorsque je découvris les coupes à blanc effectuées dans ma région.

Je me souviens aussi de mon amie Judith, au primaire, qui était ridiculisée en raison de son poids et de mon amie Mélanie, au secondaire, qui était marginalisée en raison de son mohawk et de son look punk. Maintes fois, j’ai eu à défendre mes amies des langues sales et à justifier mes choix de les avoir choisies pour copines. Ces choix nuisaient, me disait-on, à ma réputation. Tout cela me paraissait absurde et injustifié de juger une personne sur sa seule apparence.

Je me souviens aussi des privilèges que les garçons de mon âge avaient et que je n’avais pas et ceux que les hommes avaient et que ma mère n’avait pas. Je me rappelle avoir pensé : Pourquoi ne pourrais-je pas être pape? Pourquoi les femmes doivent-elles porter des talons hauts et se maquiller? Pourquoi ai-je des règles à tous les mois? Je trouvais la nature et la culture bien injustes à l’égard des filles et des femmes.

Ainsi, depuis longtemps, I have a dream.

 

J’ai le rêve d’un monde où les relations entre les animaux non-humains et les animaux humains seraient fondées sur le respect et la bienveillance, comme le proposent Kymlicka et sa femme dans leur livre Zoopolis.

J’ai le rêve d’un monde où la planète serait vénérée et protégée, comme la valorisent maintes cultures autochtones, plutôt que brutalisée et instrumentalisée cupidement, comme la culture dominante le fait de nos jours.

J’ai le rêve d’un monde où tous les genres seraient perçus et traités comme des égaux et auraient les mêmes opportunités sociales sans distinctions, comme l’illustre la photographie ci-haut de Sharon McCutcheon.

J’ai le rêve d’un monde où la diversité humaine serait perçue comme une force, plutôt que comme une menace. Je persiste et signe pour ce qui est de combattre le biais cognitif qu’est l’effet de halo, car ce biais nuit profondément au vivre-ensemble.

J’ai le rêve d’un monde où les privilèges acquis injustement seraient éliminés, de façon à fonder nos sociétés sur la valeur qu’est l’égalité, comme le proposent Wilkinson et Pickett dans leur fabuleux livre L’égalité c’est mieux. Pourquoi les écarts de richesse ruinent nos sociétés.

J’ai le rêve d’un monde où les solidarités humaines, ainsi que le partage des richesses et des pouvoirs, nous protégeraient des problèmes de santé mentale et physique. Car, de fait, les politiques d’égalité et de justice sociale favorisent la santé et le bonheur humain, comme en atteste annuellement l’indice du bonheur mondial dans lequel les pays scandinaves sont toujours en tête de peloton.

J’ai le rêve d’un monde beaucoup plus lent et plus serein, où quotidiennement il serait valorisé de s’arrêter, de stopper la course folle aux textos et autres trivialités pour tout simplement contempler la poésie et la beauté du monde splendide et lumineux qui nous a été donné.

 

Les données empiriques sont là. Les solutions sont à notre portée. Combattons les injustices sociales, environnementales et animales. Ne nous laissons pas intimider par le monstre managérial néolibéral qui écrase tout sur son passage, même les serviteurs que nous sommes. Rêvons et agissons ensemble!

Marie-Josée Drolet

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