Sélectionner une page

Je suis un zèbre de la savane libre et léger

Par Catherine Briand

Zèbre, collage, 2017, Mélanie Dubé

«Vivre, ce n’est pas attendre que l’orage passe. Vivre, c’est danser sous la pluie

– Auteur inconnu

Pour moi, la légèreté signifie liberté. Exister et vivre librement et doucement. Choisir que les choses soient simples, douces, légères. Choisir d’être sereine et calme. Choisir de se relier aux autres simplement, sans peurs, sans complications inutiles, parfois sans mots… juste être là. Accueillir l’autre, s’ouvrir à l’autre, faire confiance. Communiquer simplement et convenablement ses besoins, ses attentes, ses désirs. Être attentif à ses propres failles, difficultés, défauts, sans drame, dans l’acceptation de soi et de l’autre, imparfait. Parfois pleurer, rire et réagir. Choisir le bonheur, danser la vie, être heureux et ce, malgré les évènements parfois difficiles de la vie.

Les gens libres sont légers. J’aime profondément les gens libres. Ils sont créatifs, ils sont flexibles et gracieux, ils sont heureux!

Malgré les évènements de la vie, j’ai le bonheur facile. J’ai toujours été comme ça. Très jeune, je l’ai senti. J’ai senti cet instinct de vie, cette passion intérieure, cette confiance en moi, aux autres et en la vie et, surtout, cette soif de liberté et cette rage de vivre. À travers tous les évènements et les étapes de ma vie, ça m’a permis de foncer, de risquer, de m’en sortir et de revenir rapidement vers mes repères et mon centre…

En fait, je pense que je suis profondément enracinée… Et lorsqu’on est profondément enracinée, il est plus facile d’être présent à soi et aux autres et d’y revenir dans les moments de tempête. Aucun vide intérieur qui nuit à cette présence, à cet amour de soi et des autres.

Cela dit, lorsqu’on est profondément enracinée, nos racines vibrent aux contacts des autres. Très jeune aussi, je l’ai senti… ce corps baromètre, cette hypersensibilité à soi et à l’autre, cette profonde sympathie envers tous et chacun. J’ai aussi senti que pour vivre et survivre, mes racines avaient besoin d’espace pour respirer, de liberté, de profondeur. De là, mon intransigeance envers les banalités et politesses, les paroles pour remplir les vides, les non- dits et le manque d’authenticité, l’absence de flexibilité et d’innovation, les protocoles et structures, etc. J’ai soif de vérité, d’authenticité, d’espace et de flexibilité…

À vrai dire, je n’ai pas toujours su quoi en faire de cette hypersensibilité et de cette soif de liberté.  En fait, j’ai même tenté de les maîtriser. J’ai choisi un métier de tête, alors que je suis profondément instinctive et viscérale. On m’a appris à devenir un cheval de course, à performer, à retenir mes élans, à contrôler, à rationaliser, à être gentille et docile. Mais ce n’est pas ma nature… je suis un zèbre de savane qui a besoin de liberté pour créer et se déployer.

Et, si je suis privée de l’expression de cette liberté et qu’on veut m’imposer qui je suis et tenter de me contrôler, je suffoque et j’étouffe… de là, mes troubles anxieux.

En fait, je ne souffre plus d’anxiété depuis que j’assume davantage ma nature profonde, i.e. artiste, instinctive, parfois désorganisée et irrationnelle, parfois impatiente et colérique, hypersensible assurément, «trippeuse» et «risqueuse», pleine d’idées en tête…

Pour être heureuse, je dois me sentir libre et légère afin de pouvoir exprimer mes élans de passion, mes vagues d’émotions, mes moments de doute et mes moments de grande lucidité…

Comme le zèbre de la savane, j’ai l’ouïe aiguisée, mes mouvements sont souples et bien ancrés et je sais profiter de la force du groupe… mais surtout, j’aime danser sous la pluie.

 

© Toute reproduction sans la permission de l’auteure est interdite.

Pour cette zone de commentaires, nous vous demandons votre adresse courriel à des fins de sécurité. 

En aucun cas votre adresse ne sera ni enregistrée ni diffusée et aucun courriel ne vous sera envoyé.

2 Commentaires

  1. Rhina Maltez

    En lisant ton texte j’ai senti mes ailes se déployer; et voilà que j’ai envie de voler! Merci Catherine de m’inspirer.

    Réponse
    • Catherine Briand

      Merci Rhina… xxx
      Une amie 😉 m’a dit récemment: Prends soin de la petite Catherine.

      Ça faisait longtemps qu’on ne m’avait pas appelé ainsi. En fait, ça m’a ramené sur une plage du Lac St-Jean, au chalet de ma tante Rosange et mon oncle Olivier. J’ai senti à nouveau le sable fin du Lac entre mes orteils, les cailloux, les petites algues noires séchées et branchages vides lignées qui se retrouvent partout dans le sable. J’ai senti à nouveau l’odeur du lac et des herbes qui s’y trouvent. J’ai revu les regards joyeux de mes oncles, tantes, cousins, cousines…les yeux de mon père. J’ai entendu à nouveau la mari de ma cousine me chanter «La belle petite Catherine»…

      Bref, c’est exactement ça être légère et libre….enfant, exactement dans ce contexte, je me sentais ainsi… prête à voler et à me déployer.

      Besitos Rhina xxx

      Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je suis un zèbre de la savane libre et léger

Je suis un zèbre de la savane libre et léger Par Catherine Briand Zèbre, collage, 2017, Mélanie Dubé «Vivre, ce n’est pas attendre que l’orage passe. Vivre, c’est danser sous la pluie.» - Auteur inconnu Pour moi, la légèreté signifie liberté. Exister et vivre...
Read More

La gravité de la légèreté

La gravité de la légèreté Par Myreille Bédard Sans titre, Fusain, Bérengère Bélanger « On devrait consacrer le temps très bref que l’on passe en ce monde à essayer de se réveiller du sommeil de la gravité.» - Dzigar Kongtrul Rinpoché. Le bonheur est entre vos mains -...
Read More

Variations légères

Variations légères Par Mélanie Dubé https://pixabay.com Une tortue? dans mon bureau, interloquée, 16 et 17 juin 2017 À la lecture du texte initiateur, je me suis demandé : «Si j’étais une tortue, marcherais-je sur la terre ferme, lourde, ou nagerais-je dans l’eau,...
Read More

La légèreté ou le complexe de la tortue

La légèreté ou le complexe de la tortue Par Johanne Harvey L'envol, Acrylique sur canevas, Juin 2017, Johanne Harvey « On ne se sent jamais aussi peu présent que quand on ne se sent pas vu, c'est impossible d'être présent quand on ne nous voit pas. Et cela devient un...
Read More

Copyrighted Image

Share This

Share This

Share this post with your friends!