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La nature occupationnelle de l’être humain

Par Catherine Briand

Chère Mélanie,

J’aimerais t’amener dans la découverte de la nature profondément occupationnelle de l’être humain; le « faire » comme manifestation de « l’être ».

Le « faire » qui nous définit, nous permet d’explorer, de découvrir et d’exprimer qui nous sommes. Le « faire » qui nous permet de prendre de l’expérience, qui nous ouvre la porte à la prise de risques, à l’essai et à l’erreur, à l’amélioration continue. Le « faire » qui nous permet d’actualiser nos rêves, de réaliser un projet, de concrétiser une décision.

C’est à travers le « faire » que nous existons, à travers nos gestes de la vie quotidienne, nos choix et nos actions de tous les jours, nos décisions ordinaires et extraordinaires. C’est à travers le « faire » que nous apprenons. Et, c’est aussi à travers le « faire » que nous allons à la rencontre de l’autre.

Les actions et les tâches de la vie quotidienne sont là pour donner un sens à la vie, pour structurer notre existence, pour canaliser nos énergies et nos émotions, parfois pour faire oublier, pour s’agiter inutilement et pour nous réparer aussi. Entre l’agitation et le « faire significatif », il y a toute une gamme d’actions essentielles à l’existence. Et, toute cette gamme est une représentation de nous-même : forte, fragile, occupée, vide, entourée, seule.

Camille, médium mixtes sur canevas récupéré, Mélanie Dubé

Il ne faut pas avoir peur d’exister à travers nos choix, nos actions et nos projets. Vivre c’est faire. C’est se lever le matin, faire déjeuner les enfants, aller travailler, choisir de rester couchée, vaquer à une activité de loisirs, prendre un bain, inviter des amis à souper, voyager, lancer des idées autour de projets fous, changer d’emploi, développer de nouveaux horizons.

Nos actions et nos activités de la vie sont une représentation de nous-même. Mélanie, n’aies pas peur d’exister, d’être totalement et complètement toi à travers tes choix, tes actions et la construction d’un quotidien significatif.

Et c’est en faisant, que l’action reprend une signification, que le « faire » reprend du sens, que le « moi » se définit.

Le lapin sauvage doit apprendre à faire pour lui-même, à exister vraiment. Pour être, il doit réapprendre à faire.

Je t’aime xxx

Catherine

 

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2 Commentaires

  1. France

    Beau texte Catherine.

    Pour ma part, faire permet de me sentir puissante car je dois solliciter mes capacités pour l’appliquer. Ce peut être exigeant mais c’est aussi valorisant. « Faire » m’offre aussi la joie de me sentir en vie. Et pour mieux le ressentir il m’arrive de faire très peu de chose, être dans l’appréciation de tout ce « faire » qui à comblé ma journée, ma semaine.

    Réponse
  2. Mélanie Dubé

    Je sais. Je sais, Catherine. Tu me connais, je suis dans le trop, dans l’excès, dans le noir charbon parce que le noir ordinaire est trop clair. Mes textes sont le reflet de cet aspect de ma personnalité. Mais tu sais aussi que je suis beaucoup plus tempérée dans mes moments de réflexion et dans la vie en générale. Tu sais que je sais. Je sais que «faire» est obligatoire. Je sais que «être», sans le «faire» se résumerait à s’asseoir sur un beau petit tabouret et à rayonner de ce qu’on est. Tôt ou tard, pour exprimer l’«être», il faut tomber sur ses pattes et faire ce que l’«être» nous dicte de «faire». Il faut agir pour modeler cette pâte qu’est la vie à notre image. C’est à travers tous les gestes que l’on pose que l’on se l’approprie. La littérature et la vie sont deux choses complètement séparées. Je fais. Chaque jour. Je fais des choses pour moi, j’écris, je peins, je couds, je tricote, je crée, je fais du théâtre, je joue. Chaque jour, je fais des choses pour les autres. J’ai rassemblé autour de moi un clan, une communauté, un lieu de vie d’échange et de partage. Tu sais. Mais dans le tréfonds de mon coeur, je chancelle. Je souffre d’une perte de sens. Mais merci. Moi aussi je t’aime. – Mel xx

    Réponse

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