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Le cœur grand ouvert

Par Joanie Thériault

Mélanie,

Je suis soufflée par ton texte, un texte très fort qui fait mal en dedans. Ça m’a pris beaucoup de temps à articuler ma pensée, suite à la lecture de ton texte si honnête, si vrai. Depuis que je t’ai lue, j’ai le goût de t’écrire, mais j’ai de la misère. Y’a des gens qui disent « Si tu sais pas quoi dire, dis rien, c’est mieux que de dire n’importe quoi.» L’affaire, c’est que je ne pense pas que je dis n’importe quoi. Me semble que, quand y’a de quoi en dedans qui te dit de dire quelque chose, c’est qu’il faut le dire?

Tu as partagé ta fuite, tu t’es livrée dans toute ta vérité. La souffrance dont tu as parlé a trouvé la porte de mon cœur. J’ai parlé d’ouvrir et de fermer des portes dans mon texte, là, j’ai envie de parler de l’ouverture du cœur. Toi, tu as le cœur si ouvert, le cœur grand. Capable d’être rempli, tellement, capable d’être obsédé même. Comme tu le dis, l’obsession, avalée à grandes bouchées, pour remplir ton cœur, ensuite fuir, revenir, espérer, s’accrocher. C’est quelque chose cette affaire-là! Toi, tu le vis à la puissance « un million », mais on est une gang à vivre ça. L’affaire, c’est qu’on n’est pas toutes game  comme toi de se l’avouer. Oui, oui, j’ai dit game. Je te trouve game en TA! Combien est-on à être capable de s’avouer à soi-même le désir, le besoin de l’autre, pis ensuite le désir de vouloir sacrer le camp, à cause de la chienne qu’on a que ça marche pas comme on veut? C’est ben tough de s’avouer ça. Pis c’est pour ça que ça fait mal en dedans quand on te lit. Parce qu’il faut reconnaître qu’à différents moments et à différents niveaux, on a vécu quelque chose de semblable…

Qu’est-ce qu’il faut garder? Sur quoi faut-il mettre le focus? Sur le cœur. Sur le cœur grand, ouvert et chaud. Un cœur qui a faim, qui accueille. Mais aussi, sur le cœur généreux qui donne à l’autre, aux autres à force de s’ouvrir grand de même. Un cœur comme celui que tu as, un cœur clair qui reçoit et reflète la lumière de la lune…

 

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2 Commentaires

  1. Mélanie Dubé

    Joanie…
    … je pleure.
    Tu as fait éclater quelque chose dans la poitrine.

    Je suis en plein syndrome de la débarbouillette.
    Le syndrôme de la barbouillette est une de mes inventions.
    Il faut avoir des enfants pour comprendre, ou un mari… ou un coloc, c’est selon… il faut avoir habité avec quelqu’un d’autre que soi. Quelqu’un qui a pas compris que, si tu laisses une débarbouillette pleine d’eau dans le coin du bain, ben l’eau qu’il y a dedans devient frette, frette, frette… pis que c’est ben désagréable pour celui qui la trouve et qui est obligé de la tordre…
    Mais bref… Le syndrome de la débarbouillette c’est que, au lieu de la tordre, si tu la mets en dessous d’un filet d’eau chaude, ben l’eau chaude qui rentre dedans la débarbouillette pousse l’eau frette qui commence par te couler sur les doigts avant d’être réchauffés par l’eau chaude qui vient juste après. Il y a des relations comme ça. Il y a des relations-filets-d’eau-chaude qui poussent l’eau frette. Des relations qui te font tellement de bien qui font sortir le mal de toi. Ça te donne un méchant frisson avant que la chaleur te pénètre le coeur. Mais it hurts good. C’est un mal nécessaire. C’est un adieu officiel à la douleur.

    Tu es une relation-débarbouillette.

    Ce n’est pas la première fois que tu réponds à un de mes textes et, tout le temps, ça me fait cet effet-là. Un filet d’eau chaude qui vient tellement réchauffer mon frette!
    Aujourd’hui, tu m’as ouvert l’écluse au grand complet.

    D’abord, merci d’être si groundée, si dans l’instant, si dans le questionnement des idées reçues, si persuadée d’avoir raison et de détenir ta propre vérité… parce que, sans cette confiance que tu as, jamais tes mots se seraient rendus jusqu’à moi.

    Merci d’avoir dit «capable d’être obsédée de même». Tu as dit CAPABLE. Être capable de, c’est avoir la capacité de faire quelque chose… Tu viens de switcher mon monde de perceptions au grand complet. D’habitude, ça me coûte cher de thérapeutes pour en arriver là. Pis là, toi, en un seul mot, CAPABLE… Wow, c’est vrai, j’ai ce coeur-là, moi. Il me donne cette capacité-là de m’offrir, au grand complet. Grâce à toi, ma faiblesse est devenue, ce soir, une force.

    Merci aussi d’avoir dit «game». Être game, c’est d’avoir du courage, de la témérité même. Pour moi, exposer cette vérité me confronte à la honte. Vaincre la honte me demande extrêmement d’efforts. Les efforts que l’on investit dans la réparation de nos trous sont rarement reconnus. Au yeux de la société en général, les gens comme moi en arrêt de travail pour cause de santé mentale sont souvent perçus de peu de volonté, de peu de courage, de peu de guts… De se faire dire qu’on est game, Joannie, ça c’est une sacrée reconnaissance! Une douche de lumière de lune.

    Réponse
  2. Catherine Briand

    Merci Joanie pour ce magnifique texte! Tu connais tellement Mélanie…elle a ce coeur là…c’est pour ça que c’est ma meilleure amie! Je t’aime. Je l’aime!
    Merci Mélanie pour cette réponse si sentie et touchante… Merci d’être dans ma vie!

    Réponse

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