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Le regard et la beauté

Par Johanne Harvey

Soir de lune, Pastels sèches, 31 décembre 2017, Johanne Harvey 

Ou la rencontre du regard et de la beauté.

La beauté m’est nécessaire. Elle m’apaise et m’apporte de la joie. Je contemple tous les jours les paysages qui m’entourent. Je  m’en remplis. J’ai toute une collection d’objets, de tableaux qui me plaisent et que j’aime regarder. De même, quand je crée, j’ai besoin de trouver mes dessins beaux. Une beauté relative qui appartient au regard que je leurs porte. Mais le plus important est que je trouve beaux les gens que j’aime, car la beauté n’existe que dans l’émotion.

Ceci n’est pas un conte de Noël. C’est ma réalité. Je regarde par la fenêtre tomber la neige et je trouve cela magnifique!

« Ce n’est que l’expérience personnelle qui donne le sentiment de sécurité et la confiance dans ses propres capacités de jugement. » (1)

Pendant longtemps, j’ai été hantée par plusieurs voix, ce qui m’empêchait d’entendre la mienne. Ma voix intérieure se retrouvait enterrée, noyée par le concert des autres et, du coup, j’étais incapable d’avoir une certitude intérieure. Toutes décisions étaient compliquées et arriver à en prendre une me prenait du temps. En général, je finissais par choisir celle qui criait le plus fort, un choix trop souvent basé sur la peur.

J’ai de beaux souvenirs de mes Noël d’enfance.

A chaque année, quand décembre commence, monte en moi un sentiment de joie et d’espoir. J’aime bien réfléchir à ce que représente cette période. Besoin de lui trouver un sens au-delà des lumières de toutes les couleurs et du père Noël.

Ce que je redécouvre à chaque année, c’est que Noël est ce qu’on y met. Quand mes enfants étaient petits, la motivation de leur faire vivre de beaux moments remplis de traditions me portait. Et j’ai continué, avec les années, à perpétuer certaines d’entre elles et à mettre en place de nouvelles, adaptées à l’évolution. Cette année je me suis sentie confuse à l’approche des Fêtes. J’avais de nombreuses traditions qui n’ont plus lieu d’être. J’ai cherché à mettre en place de nouvelles. Mais j’ai de la peine. Un mélange de tristesse et de peur. Un besoin de contrôle pour ne pas sentir la perte de ce qui a été ma vie pendant longtemps. J’ai fini par lâcher prise, me disant qu’il ne fallait pas forcer. Une question d ‘équilibre. Je continue à apprendre que lâcher prise ne signifie pas abdiquer et ne plus rien faire. Je suis de plus en plus responsable de mes actes et de mes choix. Je constate que chaque jour, petit à petit, je me refais des habitudes. Mais cela prend du temps… Il y a mon corps qui continue à récupérer, digérer les traumatismes. J’ai toutes sortes de bobos qui se manifestent et qui repartent.

Le sentiment d’insécurité qui m’a envahi cet automne s’évapore lentement pour laisser place au sentiment d’être à ma place, en sécurité. Je vais enfin pouvoir baisser la garde.

En cadeau je vous offre ce poème qui me touche profondément (et qui était un des préférés de Nelson Mandela.)

 

Invictus

Dans les ténèbres qui m’enserrent

Noires comme un puits où l’on se noie

Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient

Pour mon âme invincible et fière.

Dans de cruelles circonstances

Je n’ai ni gémi ni pleuré

Meurtri par cette existence

Je suis debout, bien que blessé.

En ce lieu de colère et de pleurs

Se profile l’ombre de la Mort

Je ne sais ce que me réserve le sort

Mais je suis, et je resterai sans peur.

Aussi étroit soit le chemin

Nombreux, les châtiments infâmes

Je suis le maître de mon destin

Je suis le capitaine de mon âme.

 

(version originale)

Out of the night that covers me,

Black as the pit from pole to pole,

I thank whatever gods may be

For my unconquerable soul.

 

In the fell clutch of circumstance

I have not winced nor cried aloud.

Under the bludgeonings of fate

My head is bloody, but unbowed.

 

Beyond this place of wrath and tears

Looms but the Horror of the shade,

And yet the menace of the years

Finds and shall find me unafraid.

 

It matters not how strait the gate,

How charged with punishments the scroll,

I am the master of my fate:

I am the captain of my soul.

William Ernest Henley (1843-1903)

(1) Tiré du Livre « Manuel complet des quintessences florales du Dr Edward Bach »de Mechrhild Scheffer, Le courrier du livre

 

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