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Informations illustration :

Les femmes et leur histoire, Pastel gras sur papier aquarelle,

1995, Diane-Hélène Lalande

Collage composé de six tableaux, de haut en bas :

Rangée 1

  1. Femmes du Grand-Nord (Igloolik)
  2. Femme sacrée, femmes mariées, Hommage à Mère Teresa

 Rangée 2:

  1. Femme fleur de l’Art Nouveau, Hommage à Sarah Bernhardt 
  2. Désir mutuel, Hommage à Tamara de Lempicka

 Rangée 3:

  1. La négrillonne qui se trémousse, Hommage à Joséphine Baker
  2. Tu n’as pas de nom, Hommage à Dalila Zeghar

Les vraies récipiendaires !

Thème 1 – Phase 2 : texte initiateur

En 1995, j’étais la toute première récipiendaire de la bourse « Coup de main au développement » de l’Association des femmes d’affaires du Québec au chapitre de l’Estrie (AFAQ).

Moi, une artiste, récipiendaire d’une bourse de développement des affaires; je n’y croyais pas!

Cette bourse avait été créée dans le but de soutenir le développement des activités économiques d’une des membres de l’association. Elle avait été mise en place en collaboration avec la Caisse Populaire, l’Institut d’entrepreneuriat de l’Université de Sherbrooke, ainsi que le Service de la coordination du programme M.B.A. du même établissement.

 Moi, une artiste, récipiendaire d’une bourse de développement des affaires; oui, je sais, je me répète, c’était bien la réalité, mais je n’y croyais toujours pas!

 Et pourtant, cette bourse m’a permis d’accroître la diffusion de mes œuvres. Sous forme de cartes de souhaits, je pouvais dorénavant offrir au grand public ces tableaux qui avaient été créés spécifiquement pour un 8 mars et qui honoraient des femmes. Ainsi, obtenir une plus grande visibilité tout en pénétrant le marché du commerce au détail devenait enfin réalité.

Cette réalité je la dois, en grande partie, à celles et à ceux qui m’ont encouragée, soutenue tout au long de ma carrière, et surtout à ma mère et à ma grand-mère. Ces deux femmes ont tenu un rôle des plus importants au sein de ma vie d’artiste. Dans mon enfance, elles m’ont offert des moments libres, des espaces ouverts, des objets avec ou sans noms et surtout, un regard sur le tout est possible.

 Je suis née dans la partie francophone de l’Ontario, au début des années soixante. Adolescente, je participais à différentes luttes pour conserver ma langue et ma culture. Comédienne, animatrice, musicienne, artiste peintre, je me faisais troubadour sous le regard, parfois inquiet mais surtout aimant, de maman et de grand-maman.

Autodidacte, j’ai expérimenté diverses techniques et j’ai donné naissance à de nouvelles formes en renouvelant l’utilisation de différents médias. De plus, j’ai fait la démonstration qu’une artiste peut aussi être une femme d’affaires. Bien sûr, il y a du « Gémeaux » en moi; oui j’avoue ma double personnalité! Un côté pragmatique, gestionnaire, un autre artiste-plasticienne, touche-à-tout, rêvant de créer sans limites, sans frontières, surtout sans peurs.

À l’époque j’avais choisi de vivre à la campagne, aujourd’hui, je vis à Montréal et m’en retrouve plus qu’heureuse, du moins pour le moment. J’ai le bonheur et le grand privilège de collaborer à plusieurs projets créatifs auprès et pour des femmes. Je porte en moi les qualités d’un être qui aime et qui a le besoin viscéral d’initier, de mettre au monde et de rendre vivant des projets qui contribuent à faire du bien, et à me faire du bien aussi.

Voilà, je l’avoue, je suis le portrait de ma mère et, plus encore, celui de ma grand-mère. Ces deux femmes, malgré leurs expériences de vie parfois difficiles, m’ont légué des valeurs qui me permettent de prendre ma place dans une société où il y a encore beaucoup trop de discrimination envers nous, les femmes. Elles m’ont encouragée à prendre des risques, à calculer, à oser, à avancer, lentement, sûrement.

 J’ai eu le bonheur de connaître, à travers mes différentes carrières, des femmes extraordinaires qui m’ont partagé leurs expériences et à qui je dois beaucoup.

Je pense à Ginette Savage, enseignante du primaire aujourd’hui décédée, qui me permettait de grimper sur scène pour chanter et faire de ma voix un véritable outil de communication pour transmettre les mots, » comme les émotions.

Je pense à Brigitte Haentjens, qui m’avait repérée alors que j’étais adolescente, du temps où j’espérais, plus que tout, devenir comédienne, jouer avec les grands.

Je pense à Marcelle Ferron, cette grande artiste du Refus global, femme de tête et de cœur, généreuse et qui m’a accueillie dans son atelier, fumant des clopes, buvant du vin, en changeant le monde. À notre tout premier contact téléphonique, elle avait accepté d’être marraine pour cette exposition qui rendait hommage aux femmes Les femmes et leur histoire.

Des bonheurs, gros et petits qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui, et aujourd’hui, en ce 8 mars 2019, je cède la place à la voix de ma mère et à celle de ma grand-mère, qui ne cessent de me chuchoter à l’oreille depuis quelques jours; « Diane Hélène, il y a eu toutes celles qui se sont racontées et qui ont marqué l’Histoire. Et puis, il y a eu toi, une petite parcelle de toi, en tant qu’artiste qui a su, à ta manière, perpétuer leurs histoires à travers cette exposition, à travers l’impression de ces cartes qui, encore aujourd’hui, laissent des traces »; ce sont elles les vraies récipiendaires de cette bourse.

Prenez le temps de rendre hommage à celles qui vous entourent et à celles qui ont tracé la voie. Nombreuses sont-elles et bonne journée à vous chères femmes…

Diane-Hélène Lalande

Artiste – Facilitatrice — Designer

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