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On ne fait pas d’erreurs

Par Joanie Thériault

 

 

« Le chemin qu’on a fait, c’est parce qu’on a eu à le faire. C’est parce qu’on fait ce qu’on fait, qu’on est ce qu’on est. C’est pas des erreurs, y’a pas d’erreurs, y’a juste des chemins. » André Sauvé

Quand j’ai entendu ça, ça m’a fait du bien! C’était supposé être drôle, ça l’était et j’ai ri. Mais rapidement, ça m’a portée à réfléchir. Je l’ai déjà dit, je passe ben du temps là-dessus, réfléchir.  Quand je t’ai lue, Mélanie, c’est ça qui m’est venu en premier; on ne fait pas d’erreurs.

Moi je suis une As de la planification, de l’organisation, de la structure. Je peux dire que c’est une force chez moi. Mon chum dirait ça aussi… Je détermine, je place, je priorise. Pas le choix, je fais cinquante affaires en même temps. Études, travail, sports, loisirs, amitiés, amour, famille, maison, un projet personnel par-ci, un projet professionnel par-là; comme bien des gens, comme bien des femmes. Et puis, même quand j’ai des périodes plus tranquilles, et bien je planifie mon temps libre. Je te meuble ça du temps moi, pis c’est pas long! Mais, je suis aussi capable de le meubler avec une activité du genre : m’asseoir dehors au soleil ou faire du coloriage. Sauf que, quand je m’arrête et que je me regarde aller, je me rends compte que je cherche surtout à ce que les choses que je fais et les décisions que je prends se passent bien.

Photographie, 2013, Freddie Wilde

Pis, c’est pas que je ne veuille pas avoir des surprises, j’aime ça les surprises! Je suis ouverte à l’imprévu mais, il faut que je l’avoue, je suis ouverte aux imprévus et aux surprises… agréables! Faut croire que je suis humaine ou hédoniste… Je pencherais plus pour « humaine ». Bien franchement, je réalise que j’ai un grand besoin de rationaliser mes décisions, de me justifier de faire tel ou tel choix. Je dois être honnête, je suis comme ça aussi; pour calmer mes angoisses, pour avoir un filon à suivre afin de me déculpabiliser, tout d’un coup que les affaires marcheraient pas. Je pourrais me dire que j’avais bien réfléchi et que j’avais pensé à tout, même si je le sais que je ne peux pas penser à tout… C’est pas mal mon « rationnel névrotique » qui drive tout ça.

Parce que c’est arrivé que je fasse des choix impulsifs dans le passé, que je prenne des décisions sur le vif du moment, sur un élan, pis que ça ne m’ait pas toujours servie. Je me suis mise dans des situations peu confortables, j’ai dû travailler deux fois plus fort, ça m’a coûté cher, j’en ai payé les frais en temps, en argent et en énergie. Je ne peux pas dire que j’ai des regrets de quoi que ce soit mais, quand je fais le point sur ma vie, je me rends compte de certaines choses que j’aurais pu faire différemment. Pas j’aurais dû ! Non, non. Juste, j’aurais pu…

On se rappelle surtout nos élans qui ont eu des conséquences moins intéressantes, alors que les élans les plus fous qui nous ont fait du bien, on a tendance à les mettre de côté. Moi, je fais ça en tout cas. Je me rappelle toujours le sentiment de m’être trompée, plutôt que le sentiment de cohérence ou de succès. Je ne devrais pas. Catherine m’a déjà dit : « Pis, est-ce que c’est grave de se tromper ? » Ben non, elle a ben raison! C’est moi qui over think tout’. Faut que j’arrête ça. On fait des choix, on prend des chemins parce qu’il faut le faire, tout simplement.

Mélanie, tu m’as rendu un grand service. Celui de me ramener à mes bons coups, à mes élans que j’ai suivis et qui m’ont tant apporté. Des amitiés que j’ai nouées en quelques secondes et qui sont devenues des amitiés durables, significatives et hors de l’emprise du temps. Des amours fous dans lesquels je me suis abandonnée et qui ont sculpté la femme que je suis maintenant. Des relations professionnelles, fortes et pleines de confiance qui se sont présentées et sur lesquelles j’ai sauté en deux secondes. Ce sont mes meilleurs élans et mes décisions les plus satisfaisantes. Celles qui m’ont fait sentir en dedans un sentiment que je n’arrive pas à décrire, mais le genre de sentiment qui te confirme que ce que tu fais, c’est la bonne affaire.  Et maintenant que je suis à un tournant important de ma vie de femme, sur le plan personnel et professionnel, j’ai envie de me connecter à cette énergie, à ces élans qui me font prendre des chemins où je me sens bien. Des chemins remplis de positif et qui m’amènent loin. Pas nécessairement des chemins sans côtes, ni virages. Juste, pas le chemin à une voie sur le bord d’un précipice qui s’érode. Non. Des chemins avec lesquels je négocie côtes et virages avec assurance, en plein contrôle. Des chemins qui m’amènent ensuite sur la route panoramique avec le parfum des fleurs sauvages.

Ton texte, Mélanie, m’a conduite vers mes possibilités. La possibilité d’être entière et pleine d’assurance dans toutes les sphères de ma vie. La possibilité d’être connectée à mon intuition, celle qui m’a fait faire de grandes choses. La possibilité de mieux l’écouter cette intuition, car elle ne parle pas fort, moins fort en tout cas que ma rationalité. Cette intuition avec qui j’ai envie de parcourir les chemins…

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