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Catherine Briand

Qui suis-je ?

Partie 1 :

«Pour changer ses pratiques, s’améliorer, l’humain doit être respecté dans son identité ; sentir qu’il a le temps pour réfléchir, évoluer, se tromper ; sentir qu’il a un certain pouvoir pour négocier, contribuer au changement et à l’amélioration des pratiques.» Extrait d’une allocution que j’ai tenue, Panel de fermeture, Journées annuelles de santé mentale – JASM, mai 2014

Je suis Dre Catherine Briand. Je suis professeure d’université et chercheuse. Je consacre ma vie à essayer de comprendre l’humain, la détresse psychologique, la maladie mentale. J’enseigne et fais de la recherche sur les troubles mentaux graves, le rétablissement et la quête d’une place dans la société autodéterminée et en respect de son véritable soi.

Mes projets de recherche m’ont amenée à évaluer et à analyser plusieurs interventions, programmes et services en santé mentale adulte au Québec. J’y ai rencontré à chaque fois des partenaires motivés, passionnés. À chaque fois, j’ai mis à contribution mes connaissances des données scientifiques afin de pousser plus loin les pratiques, améliorer les services.

Je crois ardemment au rétablissement en santé mentale, à une vie meilleure au-delà de la détresse psychologique, au-delà de la maladie mentale. Je souhaite avec autant d’ardeur un système de santé axé vers le rétablissement et la pleine citoyenneté. Une transformation véritable de nos systèmes de soins et de notre société.

J’ai compris véritablement les principes de services de santé axés vers le rétablissement plus tard que je ne le croyais. Ma formation d’ergothérapeute, puis ma formation de chercheuse m’ont amenée à lire et à maîtriser très bien les concepts de réadaptation psychosociale, d’empowerment, d’autonomie, d’activités de la vie quotidienne, de qualité de vie, d’insertion sociale, de pratique centrée sur le client…

C’est cependant bien plus tard, que j’ai compris la portée véritable du changement qui nous était possible et proposé et, l’écart immense qui était devant nous. Lorsqu’on voit une offre de services complètement réinventée, intégrée dans la vie citoyenne, hors d’une vision uniquement médicale, on voit le rêve à l’horizon.

Une pratique axée sur le rétablissement et la pleine citoyenneté (et vous pourrez appeler ça de la façon que vous voulez) implique des changements bien concrets et véritables, une distribution du pouvoir et des ressources bien différente, des systèmes de santé réinventés. Je crois au changement. J’étudie les mécanismes de changement.

Les données scientifiques sont claires : les changements de pratique ne peuvent se faire dans un contexte de coupure budgétaire, de compétition interétablissements ou interprofessionnelle, de surcharge de travail, de climat qui crée un sentiment d’incompétence et de doute chez les intervenants. Pour changer, l’humain doit sentir qu’il a le temps pour réfléchir, évoluer, se tromper; qu’il a un certain pouvoir pour négocier et contribuer au changement.

Partie 2 :

« Je suis officiellement guérie de l’anxiété et des crises d’angoisse. Je suis zen plus que jamais dans ce vol de retour vers Montréal. Quel voyage fantastique avec moi-même! J’attendrai le prochain avec impatience. Merci la vie.»

Extrait de mon journal de voyage, 30 novembre 2014

Je suis Catherine. J’ai 42 ans. Entre 18-25 ans, j’ai souffert de troubles anxieux graves avec trouble panique et agoraphobie. En fait, jusqu’à 35 ans, je me suis battue au quotidien avec des problèmes d’anxiété, des appréhensions qui prenaient toute la place, la peur d’avoir peur. À 40 ans, j’ai officiellement déclaré que j’étais guérie!

J’ai souffert de troubles anxieux et de crises de panique à la fin de l’adolescence et à l’âge adulte. J’ai vu mon père souffrir de dépression et se bercer des jours entiers, incapable de participer à la vie familiale active de jeunes adolescentes. J’ai eu un médecin de famille extraordinaire, ainsi qu’un psychiatre autoritaire (que j’ai haï d’ailleurs) qui m’a fait bien vite comprendre, après quelques rencontres, que ma vie était à l’université, dans les bars avec mes amis et non à son bureau et avec l’aide d’anxiolytiques.

J’ai longtemps cru que je ferais finalement une petite vie tranquille sans trop de stress, sans grandes études et que j’aurais, toute ma vie, un sac de papier à portée de main pour éviter d’hyperventiler. Après des années de tremblement et d’estomac noué, j’avais fait le deuil de mes rêves et projets de vie. Si je n’avais pas eu un psychiatre qui m’a mis dehors de son bureau et qui m’a dit que ma vie se trouvait sur les bancs universitaires et non dans son bureau, je ne serais pas où je suis aujourd’hui.

À plusieurs reprises dans mes stages cliniques de jeune ergothérapeute j’ai utilisé, en cachette de mon superviseur, mon savoir expérientiel pour créer un lien avec une cliente désabusée du système de santé mentale ou pour pousser plus loin une cliente à prendre des risques, malgré la détresse de son corps vécu. À chaque fois que j’ai continué de croire en la personne, m’accrochant à mon humanité, plutôt qu’uniquement à mes connaissances, j’ai compris l’importance du lien humain.

Après des thérapies et la prise d’anxiolytiques, un travail sur soi pour apprivoiser ses perceptions et sensations, des prises de risque, des crises de panique et vomissements, après deux enfants qui virent ta vie à l’envers et la remplissent d’imprévus et de pertes de contrôle, j’ai officiellement déclaré à 40 ans, à 35,000 pieds d’altitude dans un avion entre La Havane et Montréal, que j’étais guérie.

Le test : deux semaines seules dans les casa particular de Cuba, sac au dos, autobus et journal de voyage, sans mes points de repère. Aucune angoisse, aucun estomac noué, aucune respiration difficile, rien. Juste du bonheur et de la liberté.

Partie 3 :

«La danse, c’est ma vie.»

Extrait d’un article dans la Voix de l’Est de Granby, portrait de moi jeune adolescente, 1989

Je suis Caty. Depuis l’âge de huit ans, je danse à toutes les semaines, à tous les jours, tout le temps. Chaque mouvement, chaque style de danse me permet d’exprimer une dimension de moi-même, une émotion différente. J’aime le ballet classique pour l’élégance, j’aime le jazz pour le trip de gang, j’aime la danse moderne pour l’abandon du corps, j’aime la danse contact improvisation pour le contact à soi et à l’autre, j’aime la salsa pour son intensité et sa folie, j’aime la bachata pour sa sensualité, …

Je danse pour m’exprimer, pour me définir, pour exister. Ça fait partie de ma vie. J’en ai besoin pour respirer, pour vivre.

En fait, malgré mes apparences d’intellectuelle, je suis une passionnée, une créative, une amoureuse de la vie. Je suis profondément charnelle, instinctive et artiste.

Ça m’aura pris 40 ans pour unifier toutes ces parties de moi.

« Pour moi ne comptent que ceux qui sont fous de quelque chose, fous de vivre, fous de parler, fous d’être sauvés, ceux qui veulent tout en même temps, ceux qui ne baillent jamais, qui ne disent pas de banalités, mais brûlent, brûlent comme un feu d’artifice. »

Jack Kerouac (extrait tiré du livre Un vélo dans la tête de Mathieu Meunier)

 

© Toute reproduction sans la permission de l’auteure est interdite.

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13 Commentaires

  1. France

    Bravo aux BEE (Blog Entre Elles) que vous êtes ! Des polénisatrices de fleurs ! Des ouvrières de collectivité.

    Réponse
    • Catherine Briand

      Merci France! C’est un privilège pour nous de vivre cette expérience…au plaisir de te relire.

      Réponse
  2. Edith Grondin

    Bouleversant et émouvant. Merci pour ce partage! Je n’ai pas réussi à absorber et à bien digérer tous ces propos en une seule lecture. Ça mérite définitivement réflexion. Je reviendrai donc vous voir et vous relire.
    Merci mesdames,

    Réponse
    • Catherine Briand

      Merci Edith. Quel plaisir de se retrouver sur ce blogue! Depuis hier, je reçois des témoignages touchants et exceptionnels en regard de ce nouveau blogue et j’en suis très touchée. Merci d’y contribuer. Au plaisir de te lire encore et de t’avoir comme lectrice.

      Réponse
  3. Delphine

    Merci Catherine:)

    Réponse
  4. Sophie

    Wow. Je ressens une grande fierté d’être ta soeur.

    Réponse
    • Catherine Briand

      Merci Sophie! Idem.

      Réponse
  5. Marie Gagné

    Merci Catherine pour ta grande humilité et nous permettre de te découvrir dans ta simplicité de cœur.

    Réponse
    • Catherine Briand

      Merci à toi Marie pour avoir accepter de participer à cette aventure. Que de bonheur de te découvrir autrement!

      Réponse
  6. Nathalie

    WoW!!! Très touchant Catherine. Un très beau texte.

    Réponse
    • Catherine Briand

      Merci Nathalie! Ce n’est qu’un début…les thèmes à venir sont tout aussi inspirants.

      Réponse
  7. Diane Riendeau

    Merci à vous toutes. Je vous lis un peu à la fois, ça se déguste lentement. Merci à Catherine Briand pour son sourire, ses yeux pétillants, sa détermination, sa compétence, tout ça, nous a permis de poursuivre dans le projet de paire aidante famille.

    Réponse
    • Catherine Briand

      Merci tellement à toi Diane pour tenir le fort d’un projet innovateur qui brusque et dérange les pratiques actuelles, mais fait avancer les idées. Bravo à Pair-aidant Famille de la Société québécoise de la schizophrénie.

      Réponse

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